lundi 28 mai 2007

Festivals gratos

Pour les rockeurs pauvres

Là où les festivals deviennent d'immenses pompes à fric, il subsiste encore quelques occasions d'aller applaudir son groupe préféré sans devoir pour autant casser sa tirelire. Exemples :

Verdur Rock - Namur - 30 juin

Créé en 1984, le Verdur Rock se déroule dans le cadre de la Citadelle de Namur. Malgré les années et les succès, l'entrée y est toujours gratuite. L'affiche combine espoirs belges (The dIPLOMAT, The Peas Project...), curiosités (Archie Bronson Outfit, Puppetmastaz, X Makeena) et vieilles connaissances (Mud Flow, I AM X). Ce n'est pas l'affiche la plus originale du moment, mais bon, c'est gratuit...

Site officiel : http://www.verdur-rock.be

Rock Herk - Herk De Stad - 13 et 14 juillet

Ce bled paumé du fin fond du Limbourg accueille un festival qui n'a pas à rougir de son affiche. Les programmateurs prennent toujours un soin particulier à composer avec ce qui se fait de mieux. Au menu cette année encore, des artistes qu'on n'attendrait pas spécialement à un festival gratuit : Etienne de Crécy, The National, The Datsuns, Archie Bronson Outfit (encore !), Justice, Andy C, Dr. Lectroluv, True Colors, etc.

Site officiel : http://www.rockherk.be

Boomtown Festival - Gand - du 14 au 23 juillet

Dans le cadre des célébrissimes fêtes gantoises, vous avez la possibilité d'assister à d'excellents concerts, à moins d'une heure de route de Bruxelles. Ambiance garantie.
Affiche provisoire et pas encore tout à fait officielle : Bonobo, Nicole Willis & The Soul Investigators, Sean Lennon, The Frames, Herman Düne, etc.

Site officiel : http://www.boomtownlive.be/

Il ne vous reste plus qu'à faire votre choix. Evidemment, il existe bien d'autres festivals gratuits. Nous aurons l'occasion d'en reparler.

samedi 26 mai 2007

The National - Boxer

L'uppercut

Les disques sont parfois comparables au vin. L'étiquette peut être trompeuse. La robe peut être d'un rubis éclatant, mais le premier nez décevant. Le rosé de Provence ne ment jamais sur la marchandise : il s'appréciera sous un soleil de plomb mais ruinera le meilleur des gigots d'agneau. A l'inverse, il y a les piquettes qui se voudraient nectars, mais qui, dès le premier verre, se révèlent d'une banalité affligeante. C'est clairement le cas du dernier album de CocoRosie, par exemple, tellement insipide que je ne suis toujours pas parvenu à l'écouter jusqu'au bout. Du pur Château Dafalgan.

A l'instar des meilleures bouteilles, certains disques demandent quelques années pour mûrir et révéler toute leur puissance. On est ainsi parfois étonné de rester scotché à l'écoute d'un CD qui traînait depuis des années sous une pile de vieux magazines. L'aventure m'est arrivée récemment en me replongeant les oreilles profondément dans House OF Gvs.B de Girls Against Boys ou Outside The Simian Flock de Millionnaire. C'était déjà vachement bien à l'époque, mais c'est encore mieux maintenant.

Puis, il y a les tous grands crus, ceux qui ne laissent aucun doute plâner sur la valeur du produit. C'est cette catégorie qui nous intéresse avec ce quatrième album de The National. Ici, nul besoin d'afficher une médaille d'or reçue à la Foire aux Vins de Limoges. A peine débouchée, la boisson libère un bouquet divin. Dès la première lampée, on sait qu'on touche à la perfection. La souplesse du breuvage vous titille les sens à chaque gorgée, dévoilant des saveurs subtiles insoupçonnées. L'équilibre en bouche tient de l'exercice de haute voltige. C'est la toute grande classe, le vin des rois.

On l'aura compris, Boxer m'a touché en plein coeur, avec ses chansons simples en surface, mais d'une incroyable richesse dès qu'on y tend une oreille plus attentive. Des arrangements méticuleux, faussement basiques, confèrent à ce disque une couleur d'ensemble qui se vit mais ne s'explique pas. L'écoute de la musique reste une expérience très personnelle, qui provoque des sensations parfois difficiles à relater. Je dirais bien que j'y perçois de ci de là de légères touches de Tindersticks. Mais c'est tellement subjectif que je ne voudrais même pas insister là-dessus. Je n'ai donc qu'un conseil à vous donner : ruez-vous de toute urgence sur Boxer. Si vous hésitez, allez écouter des titres comme Brainy et sa tension dissimulée derrière ses guitares sagement dosées ou le folk mélancolique de Start A war. Chacun en pensera ce qu'il voudra, mais moi, je suis en pleine extase.






Liens intéressants :

Le site officiel : http://www.americanmary.com/music/
Sur MySpace : http://www.myspace.com/thenational

La Blogothèque ne tarit pas d'éloges sur The National : ça se passe ici et ici (et ailleurs également).

The National jouera cet été à Dour et à Herk De Stad (gratuit).

mercredi 23 mai 2007

La pochette du prochain album d'Interpol

Pour rugir de plaisir

Our Love To Admire, le nouvel album d'Interpol sortira dans les bacs le 9 juillet prochain. Le non-événement de l'année ?Pour faire patienter la plèbe, le groupe vient de dévoiler la pochette de ce troisième exercice studio. L'oeuvre, qui semble inspirée d'une tapisserie post-coloniale dénichée pour 1 euro sur la brocante de Ciney, ne laisse rien présager de très alléchant. Le proverbe ne dit-il pas à peu près "On n'a jamais deux occasions de laisser une bonne première impression"?
Prenant mon courage à deux mains, j'ai déniché ici le 1er single qui sera tiré de ce nouvel opus et titré The Heinrich Maneuver. Ce qui m'inspire un nouveau proverbe : "il ne faut jamais foirer une occasion d'effacer une première mauvaise impression." Pour l'originalité, on repassera. A force de s'auto-caricaturer, Interpol va terminer à la Chance aux Chansons.
Troisième essai : un enregistrement live du même single croisé sur YouTube. Verdict : jamais deux mauvaises impressions sans trois. Décidément, c'est la foire aux proverbes aujourd'hui. La preuve en images (attention, ça joue faux après deux minutes, pas la peine d'acheter une nouvelle carte son) :





Interpol annonce également que la vidéo de The Heinrich Maneuver sera confiée à Elias Merhige, qui a réalisé entre autres Shadow Of The Vampire. Vite, une gousse d'ail !

dimanche 20 mai 2007

Erik Truffaz - Arkhangelsk



Piano bar


Décrire Erik Truffaz comme un trompettiste français serait extrêmement réducteur. Depuis 1996, cet artiste signé sur le mythique label Blue Note enchaîne les albums (Arkhangelsk est son 8e album studio, auquel il faut ajouter 2 albums de remixes et un double live) accompagné de deux groupes différents : Erik Truffaz Ladyland ou Erik Truffaz Quartet. C'est ce second line up qui a été choisi pour enregistrer Arkhangelk, du nom de cette ville russe située à 900 km au nord de Moscou, au bord de la Mer Blanche. Le superbe livret illustré par le photographe Mario Del Curto explique le choix de ce titre :


"Un matin, après avoir passé la nuit dans un club du 3e étage d'un immeuble de la banlieue, nous sommes sortis reprendre l'air et, stupéfaits, hallucinés, nous avons découvert un décor de bande dessinée avec des maisons de travers à perte de vue! Tout un paysage comme secoué par la nuit qu'il venait de traverser. La première réaction fut de se demander si nous n'étions pas nous-mêmes un peu secoués après quelques vodkas. Mais nous nous rendîmes à l'évidence de cette vision étrange."

L'analogie avec ce 8e album studio est à trouver du côté des collages sonores insolites et de la recherche de nouvelles textures qui constituent le coeur de la musique d'Erik Truffaz. Après avoir touché à la drum'n'bass et au hip hop (The Dawn), au funk et à l'acid jazz (Mantis, Bending New Corners), au rock et à la soul (The Walk Of The Giant Turtle) et enfin à la world music (Saloua), le quartet s'attaque désormais à la chanson, celle qui s'écrit avec un grand C.

Très jazzy dans son ouverture, l'album dérive lentement vers des ambiances de piano bar, où le Bordeaux se déguste dans un air enfumé. La palette de couleurs demeure châtoyante, mais les compositions d'Arkhangelsk puisent leurs racines du côté de la pop des années 60 et 70. Comme c'en est devenu une habitude, la trompette feutrée d'Erik Truffaz se fond dans un paysage sonore fait de couches qui se superposent au gré des morceaux. La voix chargée d'Ed Harcourt, élément central de ce disque, apporte une dimension terrestre qui faisait défaut aux albums précédents. Autre icone de la chanson, française cette fois, c'est Christophe qui s'invite sur L'un dans l'autre, atteignant des sommets d'intensité. La conjugaison des textures jazz et des structures pop évoque tour à tour le travail d'autres Français : Bertrand Burgalat pour la production, mais aussi le duo Katerine-The Herbaliser, sur l'album Take London, qui avait débouché sur Serge, hommage splendide à Gainsbourg. Gainsbourg dont l'ombre hante également Arkhangelsk, qui se termine sur une reprise torturée de Manon par un Ed Harcourt au bord du coma.













Liens intéressants :



Site officiel : www.eriktruffaz.com
Sur MySpace : http://www.myspace.com/truffaz
Un extrait du carnet de bord d'Erik Truffaz, relatant un boeuf improvisé à l'Archiduc, à Bruxelles, et le concert en demi-teinte du Cirque Royal : http://www.eriktruffaz.com/francais/journal/popup.php?afficher_journal=55

jeudi 17 mai 2007

Black Rebel Motorcycle Club - Baby 81


Noir c'est noir

La sortie du quatrième album de Black Rebel Motorcycle Club est l'occasion de faire le point sur la discographie exemplaire de ce groupe de San Francisco. Découvert en 2001 avec un premier disque éponyme, le trio californien s'est immédiatement fait remarquer par ses hymnes au garage punk américain. Derrière leurs lunettes noires et leurs blousons de cuir, les BRMC ont frappé fort en balançant la purée sur des titres comme Love Burns, le bouillant Whatever Happened To My Rock'n'Roll ou le plus feutré et très psychédélique As Sure As The Sun. Particularité : Peter Hayes et Robert Levon Been se relaient au chant avec des voix tellement proches qu'il est pratiquement impossible de les distinguer.

2003 voit la sortie de Take Them On, On Your Own, deuxième album et deuxième brûlot. Les références aux Stooges et à The Jesus And Mary Chain sont de plus en plus affirmées tandis que le propos se radicalise sur des titres tels que Six Barrel Shotgun, Generation, Kill The US Government, etc. Sur scène, BRMC continue de faire rugir ses Gibson lors de prestations menées pied au plancher. Les White Stripes qui prétendaient ressuciter le rock sont ridicules.

En 2005, BRMC effectue un virage à 180°. Le temps d'un album, le trio laisse les amplis refroidir pour se consacrer à Howl, album presque entièrement acoustique d'hommages au folk de Johnny Cash, Tim Hardin et Neil Young. On y découvre les talents de songwriter du toujours écorché vif Peter Hayes, qui manie aussi habilement la guitare acoustique qu'électrique. Tout le mérite de ce 3e album réside dans la capacité de ses géniteurs à le faire sonner comme un disque indiscutablement marqué par la patte BRMC, mais au son et à la production diamétralement opposés à ce qu'on avait pu entendre sur les deux albums précédents.

2007 : avec une régularité helvétique (un album tous les deux ans), BRMC publie Baby 81. Retour aux sources ? Album synthèse ? A vrai dire, ni l'un ni l'autre. Ouvertement marqué par la parenthèse Howl, ce quatrième album propose un son globalement moins rugueux mais au ton toujours aussi rageur. Si la couleur dominante reste le noir (et plutôt le noir foncé, si ça existe), les chansons plus pop (Lien On Your Dreams) côtoient désormais les références au blues enfumé (Took Out A Loan) et les dérapages punk (Need Some Air). Baby 81 constitue l'album le plus dense et le plus varié de BRMC, avec de nouveau de grands hymnes pour les générations en manque de repères (Berlin, et l'imparable Cold Wind). Avec ce quatrième album, les Californiens passent du rang de "groupe influencé par..." à celui de "groupe qui va influencer..." Mais Baby 81 ne se révèle vraiment que lorsqu'on l'écoute à la lumière des 3 albums précédents. A bon entendeur...




Black Rebel Motorcycle Club sera au Dour Festival le 15 juillet.


Richard Cheese cherche de l'aide pour son concert londonien

A votre bon service

Petit rappel pour ceux qui ne connaitraient pas encore l'artiste. Richard Cheese est un crooner américain (certainement le meilleur du monde) qui parodie avec un talent fou de grands hits rock à la sauce jazz big band. Ses plus grands succès (Creep, Rape Me, Insane In The Brain, Come Out and Play, Fight for Your Right, etc.) ont été compilés sur des albums aux titres aussi hilarants que Aperitif For Destruction, I'd Like A Virgin ou Lounge Against The Machine. Récemment, Dick s'est également attaqué au générique de Spiderman.


Dans la dernière édition de sa newletter, Richard Cheese annonce un spectacle imminent à Londres. Mais pour pouvoir se produire au Royaume Uni, il compte sur l'aide que pourraient lui fournir ses fans. C'est ainsi que Dick lance un appel à quiconque pourrait l'aider à obtenir un permis de travail sur le sol britannique. Il cherche également de bonnes âmes qui pourraient lui prêter (ou louer) un clavier, une batterie ou une basse. Les spécificités techniques sont à découvrir sur le site.


Alors, à vot' bon coeur, messieurs dames. Si vous avez des connaissances qui vivent à Londres et qui pourraient aider ce bon vieux Richard. C'est pour la bonne cause.



Plus d'infos sur tout ce dont Richard Cheese a besoin pour son concert de Londres : http://london.richardcheese.com
Site officiel : www.richardcheese.com
Sur MySpace : www.myspace.com/richardcheese
Sur YouTube : www.youtube.com/user/richardcheese

dimanche 13 mai 2007

Les Orchestres Génétiquement Modifiés

Les OGM (Orchestres Génétiquement Modifiés) est un duo français complètement barré qui revisite de grands classiques de la chanson en les recyclant sur des musiques rien à voir. Le concept : reproduire les paroles d'une chanson sur la musique d'une autre.
Invités du Grand Journal de Denisot la semaine dernière (et apparemment sponsorisés par Canal +), ils ont présenté quatre de leurs oeuvres surréalistes.

Le projet le plus "abouti" est Delpech Mode, ou un savant mélange des paroles de Michel Delpech au son des claviers de Depeche Mode. Résultat : Just Can't J'étais Chanteur. Ahurissant, génial et complètement barge. D'autres titres de Delpech Mode existent également : Enjoy The Loir et Cher, Strange Lorette, etc. Avec plus ou moins de réussite selon les cas.

Mais les OGM ne s'arrêtent pas là. Citons également Nirvanie Cordy ou Serge Lamadness. Les vidéos sont hilarantes. A écouter de toute urgence !!!

A l'asile, on les retrouvera au même étage que le dieu vivant Richard Cheese ou les grands malades de Trash et Tradition.

Liens intéressants :

Le site des OGM : http://lesogm.com
Le site officiel de Delpech Mode : http://delpechmode.com/
Delpech Mode sur MySpace : www.myspace.com/delpechmode

La vidéo de Just Can't J'étais Chanteur :