vendredi 30 mars 2007

The Dancing Naked Ladies - Pink Lycanthropes

A poil chantal

Commençons par jeter un seau d'eau glacée sur tous les chauds lapins : The Dancing Naked Ladies sont quatre mâles habillés des pieds à la tête qui détestent les numéros de claquettes. Le décor planté, nous pouvons maintenant écouter l'esprit tranquille le premier album de ce groupe montois, membre du collectif Massacrés Belges, qui met sens dessus dessous toutes les scènes du royaume depuis deux bonnes années.
Adeptes d'un punk rock musclé, The Dancing Naked Ladies tentent de reprende le flambeau des regrettés Pixies, Jesus Lizard, At The Drive In ou encore Mc Lusky. Habitués à ne pas faire dans la dentelle, ils balancent sur ce premier album 12 morceaux survitaminés, alternant breaks civilisés et refrains explosifs, avec un point culminant le furieux Sleepwalker Tardigrade dont les digressions sonores évoquent par moments la rage d'antan de Mudhoney.
Malgré quelques approximations au niveau de la production, ce premier album des Dancing Naked Ladies n'a pas à rougir de ses péchés de jeunesse. Aux artifices des studios, ils ont privilégiés la spontanéité des enregistrements live, ce qui est tout à leur honneur.

Le clip de Sleipnir Velocity :




Liens intéressants :

Site officiel : www.thedancingnakedladies.com

Sur MySpace : http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&friendid=42702970

jeudi 29 mars 2007

Eurovision 2007 : tous pour l'Ukraine!

La prochaine édition du Concours Eurovision de la Chanson se tiendra les 10 (demi-finales) et 12 mai (finale) prochains, en Finlande. Le suspense est déjà intenable pour savoir qui remportera cette année le droit d'être diffusé en boucle sur toutes les radios commerciales du continent pendant au moins deux bonnes semaines, de se hisser en tête du hit parade des stands de pêche au canard cet été avant de terminer cette belle carrière en septembre dans les bacs à soldes de Carrefour.

En guise de mise en bouche, nous allons faire un petit tour des candidats les plus prometteurs en commençant par l'Ukraine, représentée cette année par Verka Serduchka. Tout est réuni chez cet artiste pour plaire au téléspectateur européen, célèbre pour son intransigeance lorsqu'il s'agit d'élire sa chanson porte-drapeau. Premièrement, le rythme binaire combiné aux notes d'accordéon est taillé sur mesure pour accompagner un pain-cervelas servi sur une kermesse campinoise. Tels la madeleine de Proust, ce sont ici la sauce andalouse et les oignons frits qui libèrent leur effluves. Deuxièmement, le concept du poussin de l'espace vêtu d'un sac réfrigérant est une idée qui n'avait encore jamais été exploitée dans le cercle fermé de l'euro-pop. Mais où avions-nous la tête pour ne pas y avoir pensé plus tôt ? Troisièmement, le chant en plusieurs langues est politiquement tellement correct (un critère clé pour l'Eurovision), fédérateur et entraînant qu'il constitue presque l'unique piste pour sortir l'Union de la crise politique qu'elle traverse actuellement. Qu'on organise un nouveau référendum en France et aux Pays-Bas avec un hymne pareil et le oui récoltera un score stalinien.

Y'a pas à dire, ce sont de fins stratèges, ces Ukrainiens. Et vu l'honnête classement obtenu par ses compatriotes l'an dernier (7e, ça ne rigole pas), Verka Serduchka sera dispensé de demi-finales. Les adversaires sont prévenus.

Les points forts de Verka :
- le chant universaliste qu'on attendait depuis Toto Cutugno
- mélodie inexistante, donc facile à retenir par définition
- tellement correct politiquement qu'on aurait bien envie de l'envoyer régler le conflit au Proche-Orient

Les points faibles :
- un site web en russe qui tourne au charbon
- une identité sexuelle ambiguë : créature mi-homme, mi-femme, mi-poussin de l'espace, mi-démon, ça fait beaucoup trop de mi
- ça reste du boum boum tchak pour la ménagère de plus de 80 ans (hors pays germanophones) qui n'avait rien entendu de pareil depuis la libération

Verdict :
Une place sur le podium ne serait pas volée.

La vidéo de Verka Serduchka :



Liens (presque) intéressants :

Le site officiel du Concours Eurovision de la Chanson : www.eurovision.tv
Le site officiel de Verka Serduchka : www.serduchka.com (mais il vaut mieux être patient)

mercredi 28 mars 2007

The Stooges - The Weirdness

Jurassic Punk

Il y avait quelque chose de pathétique à voir les Stooges débarquer sur le plateau du Grand Journal de Denisot il y a de cela quelques semaines. Toujours remuant, Iggy semblait respirer une forme olympique, comme d'habitude. Mais derrière sa guitare, Ron Asheton n'en mène plus très large, avec son look à jouer au bowling et fréquenter des clubs de tir avec Walter, le personnage incarné par John Goodman dans The Big Lebowski. De l'autre côté de la scène, Dave Alexander paraît bloqué dans au mauvais trip, tel un taureau psychopathe prêt à bondir sur une cape rouge. Malgré ces considérations, le groupe avait offert un spectacle plus que correct, interprétant Atm, sans doute le meilleur morceau tiré de The Weirdness.
La grande nouvelle, c'est donc le retour des Stooges qui, à mon humble avis (et c'est purement subjectif), ont inventé le punk en 1973 avec Raw Power, premier album de l'histoire à avoir été mixé avec des gants de boxe dans le but de faire sonner les guitares commes tronçonneuses.
2007 : les Stooges se reforment après deux années passées sur les scènes du monde entier (ils sont même passés aux Lokerse Feesten en 2005 !) pour réinterpréter leurs machines à pogo que sont No Fun, 1969, TV Eye, I Wanna Be Your Dog, etc.
Si The Weirdness commence sur les chapeaux de roue (Trollin', You can't have friends ont le mérite de décrasser les oreilles), le propos s'embrouille un peu par la suite. Sur le titre The Weirdness, Iggy s'emmêle les pinceaux en essayant de réitérer le Walk On The Wild Side de Lou Reed, une vague connaissance. Il s'était montré plus à l'aise dans cet exercice de crooner sur Avenue B, sorti en 1999. Autre extrême, il donne dans le punk post-ado sur Free & Freaky, à oublier au plus vite.
Mais The Weirdness parvient toutefois à ressusciter quelques grands moments de rock'n'roll, preuve qu'on n'apprend pas à un vieux singe à faire des grimaces. My Idea of Fun, Greedy Awful People et Atm ne font pas tâche sur le long répertoire d'Iggy et des Stooges, loin de là. Sur l'ensemble, on peut toutefois regretter une production trop sage et trop propre.
Verdict ? Certainement pas un grand millésime des Stooges mais quelques chansons (au moins cinq) méritent une place de choix sur mon lecteur mp3.



Liens intéressants :

Site officiel d'Iggy Pop :
www.iggypop.com
Les Stooges sur MySpace :
www.myspace.com/iggyandthestooges

La vidéo d'Atm en live au Grand Journal :




mardi 27 mars 2007

Nick Cave – Et l’âne vit l’ange

La sortie récente de No Pussy Blues, l’album de Grinderman, nous rappelle à quel point Nick Cave est un artiste multi-facettes. En solo, avec les Bad Seeds ou avec Grinderman (une version light de ces derniers), il a multiplié les albums pour délivrer sa propre version du blues, du rock et de la folk. Ce qu’on sait peut-être moins, c’est que le géant australien a également co-scénarisé l’année dernière le western post-moderne The Proposition, dont il a également signé la bande originale avec son complice Warren Ellis. Plus récemment, il a également dessiné la pochette du 45 tours de Get It On.
Mais l’aspect sur lequel nous allons nous attarder aujourd’hui, c’est le Nick Cave écrivain, qui a signé en 1989 le superbe roman And The Ass Saw The Angel (en français Et l’âne vit l’ange paru aux éditions Le Serpent à Plumes). Pourquoi ? Parce que ce livre constitue sans doute une pièce maîtresse pour ceux qui essaieront de saisir le fil conducteur de toute l’œuvre de Nick Cave. Il s’agit en effet d’un document incontournable, qui révèle (ô surprise) un Nick Cave torturé, presque en lévitation, mais diablement décidé à en découdre avec la société. Un roman dont il est impossible de sortir indemne.

Et l’âne vit l’ange se déroule dans un endroit imaginaire, la vallée de Ukulore (qu’on situe aisément en Alabama ou au Kentucky) dans les années 40. Ce lieu abrite la communauté sectaire des Ukulites, qui a connu la prospérité grâce à la culture de la canne à sucre. Pour une raison inconnue, la vallée est soudain frappée par la malédiction : une pluie lourde ne cesse de s’y abattre depuis plusieurs mois, ruinant l’économie locale. C’est dans ce contexte que naît Euchrid Euchrow. Fils d’une mère alcoolique qui carbure à la liqueur d’écorce et d’un père qui a fui une vallée voisine pour échapper à un passé familial trouble, Euchrid n’a pas été gâté par la nature : non seulement Dieu n’a pas jugé bon de permettre à son frère jumeau de voir le jour, mais il a également omis de le doter de la parole, histoire d’accentuer son sentiment de culpabilité.
Malgré son handicap, qui lui vaut les pires cruautés de la part des autres membres de la communauté (moqueries, tortures, viols, etc.), Euchrid développe d’impressionnantes capacités d’analyse et la lucidité suffisante pour nous raconter son histoire. Une histoire sombre comme l’enfer, qui baigne dans des flaques de boue, d’humiliation, de fanatisme religieux, de violence, de vice et de bêtise humaine.

Trois volets
Nick Cave a structuré son récit sous la forme d’un triptyque. Chaque partie se lit comme la proposition d’un syllogisme parfait dont la conclusion amènera à la destruction totale. A travers ce récit se dessine une critique amère et terriblement violente de toute société ultraconservatrice et rétrograde. Les Etats-Unis sont évidemment en ligne mais ne sont pas seuls en course, comme le démontrent chaque jour les titres de journaux.
Le livre premier relate la perte de sens d’un groupe humain incapable de surmonter la différence d’un des siens. Entre deux pintes de liqueur, la mère d’Euchrid bat son fils comme un chien, lui fait subir les pires outrances. A l’image de la communauté dans son ensemble, elle fait preuve d’une insupportable cruauté à l’égard de l’autre, alors que, déclin économique oblige, c’est toute la société qui sombre.
Le livre deuxième stigmatise l’intégrisme religieux. Un prêcheur sorti de nulle part mobilise les foules. En son nom, la communauté n’hésite pas à sacrifier certains de ses membres. La pluie s’arrête soudain alors qu’apparaît une enfant que personne ne reconnaît et qui fera l’objet d’un culte absolu, les Ukulites la considérant comme celle qui les a sauvés. La société se referme de plus en plus sur elle-même et atteint des sommets de violence. Euchrid, pour sa part, se renforce dans son rôle de souffre-douleur attitré. Témoin mais aussi victime de la barbarie de ses pairs, il sombre lentement dans la folie.
Le livre troisième se lit comme le résultat inéluctable des deux premiers. Désormais seul au monde, Euchrid bâtit sa propre forteresse qu’il baptise « Tête de Chien » et se prépare pour la dernière bataille. A son tour, il fait preuve d’une cruauté sans limite envers ses pairs, en l’occurrence ses chiens. Retranché parmi les « siens », il attend patiemment la confrontation finale avec le reste de la communauté. Et comme on l’aura deviné, nul besoin d’une fin heureuse pour clore un récit signé Nick Cave.
Voici donc l’auteur qui boucle la boucle : déchéance morale et intégrisme fanatique mènent au repli fasciste, autrement dit, à la destruction de la société elle-même.

Qu’en penser ?
D’abord, il faut préciser que Et l’âne vit l’ange est un livre difficile à lire. Pourtant habitué à lire les auteurs anglo-saxons dans le texte, j’ai dû me résigner après quelques pages seulement à opter pour la traduction française. En effet, le texte original regorge de patois hillbilly extrêmement opaque pour un non-initié. Une fois cette barrière franchie, il faut quelques chapitres pour se familiariser au style de Nick Cave, tant son récit se lit comme une suite de psaumes.
Ensuite, ce bouquin est entaché d’une violence crue, psychologique et physique. Le sang et la crasse s’accumulent au fil des pages. Certains passages sont difficilement supportables. Et, à chaque fois que la mère se descendait une rasade de liqueur d’écorce dans sa pinte en grès, je ne pouvais retenir un haut-le-cœur.
Au-delà de ses excentricités stylistiques, le roman excelle là où Nick Cave a toujours fait mouche : dépeindre un univers étrange, glauque, répulsif. De sa plume ou au micro, il vomit ses histoires dérangées avec un même talent.

dimanche 25 mars 2007

Love Is Love

Car l'amour sans amour, ce n'est plus de l'amour
Faut-il s'interdire de parler d'un groupe pour la bonne et simple raison que l'un de ses membres est un ami de longue date, un vieux compagnon de tranchée avec qui j'ai partagé d'innombrables gueules de bois ? Après avoir hésité pendant quelques jours, j'ai finalement tranché : hors affinités personnelles, Love is Love aurait de toute manière fini un jour sur ce blog. Et un petit tour sur leur page MySpace justifie à lui seul ce petit coup de canif dans la déontologie...
Love is Love est un groupe de la région de Mons, formé il y a un peu plus d'un an, qui s'est notamment illustré en remportant le tremplin pour le Dour Festival en 2005, soit quelques mois seulement après sa formation. Regroupant entre autres des membres de Steels, le combo montois présente au moins deux particularités. Premièrement, il s'articule autour d'une formule peu banale, à savoir une batterie, deux basses et deux guitares. Ce renfort de basses lui permet d'afficher une profondeur et un groove qu'on rencontre rarement chez les groupes de post-rock. Deuxièmement, Love is Love ne s'appuie sur aucun leader revendiqué comme tel. Selon la tournure que prend un morceau, libre à chacun de s'emparer du micro et d'y poser sa voix. D'ailleurs, à ses débuts, Love is Love comptait un membre supplémentaire qui chantait... en arabe, mais qui a quitté le groupe depuis.
Depuis peu, les Dourois proposent quatre titres sur leur page MySpace, qui permettent de bien cerner leur propos. C'est toutefois sur scène que leur musique s'exprime le mieux. Nous ne manquerons pas de faire un peu de promo pour leurs prochaines dates.

Love is Love sur MySpace : www.myspace.com/loveisloveband

samedi 24 mars 2007

Soulseek lance SLSK Records


Soulseek, la célèbre plateforme d'échange de fichiers musicaux spécialisée dans la musique indie vient de lancer son propre label. Alors que l'industrie du disque s'acharne à traîner en justice les cyber voyous adeptes du Peer 2 Peer, Soulseek prend le mouvement à contre-pied et se lance à son tour dans l'édition musicale avec SLSK Records.
Avec toujours en ligne de mire la musique indépendante, de préférence électronique, SLSK Records se propose de faire la promotion d'artistes talentueux mais méconnus et qui ont fait l'objet d'un trafic non-négligeable sur la plateforme Soulseek.
Ce sont ainsi 4 noms qui figurent d'ores et déjà au catalogue très cosmopolite de SLSK Records : Lackluster (Finlande), Nedavine (USA), Ears Akimbo (Norvège) et Saskia (Espagne). Cette dernière, sans doute la plus pop et la moins intéressante du lot, a déjà fait l'objet de deux sorties officielles en CD et vinyle (rien que ça !), vendues sur le site. Les trois autres proposent une electronica qui renvoie à des noms tels que The Album Leaf, Boards Of Canada, voire Squarepusher pour certains sons breakbeat.

Site officiel : www.slskrecords.com

Pour écouter les différents artistes du catalogue SLSK : http://www.slskrecords.com/radio

jeudi 22 mars 2007

Lou Reed et les Stones en Belgique cet été

Papy Boom

Les Rolling Stones joueront le 5 juillet sur la plaine de Werchter, dans le cadre de la tournée A Bigger Bang. Il s'agira de la première date européenne des Stones cette année, après la tournée annulée l'an dernier lorsque le guitariste Keith Richards s'était viandé en grimpant sur un cocotier. Les tickets seront mis en vente le 27 mars sur le site www.goformusic.be pour la coquette somme de 80 euros (hors frais scandaleux de réservation).

Autre légende vivante, Lou Reed sera de passage chez nous le 18 juin. Forest National aura la chance d'accueillir la première date de la tournée européenne de l'ex-leader du Velvet Underground. Lou Reed y interprétera l'intégralité du mythique album "Berlin" sorti en 1973, accompagné d’un ensemble de 30 personnes comprenant son groupe, une section d’instruments à cordes, une autre d’instruments à vent et le New London Children’s Choir. Les tickets sont déjà en vente sur www.goformusic.be. Pour y assister, il vous faudra débourser entre 39 et 79 euros (hors frais scandaleux de réservation).