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lundi 2 mai 2011

David Eugene Edwards live au Roots & Roses Festival

Hier, vers 18h, David Eugene Edwards montait sur scène, au Roots and Roses Festival. Cet événement, je l’attendais depuis des années. Depuis 2005, pour être précis, et la séparation de ce qui reste un de mes groupes préférés toutes périodes et tous styles confondus : Sixteen Horsepower.

Ce concert devait avoir une saveur particulière pour au moins deux raisons.
La première, c’est que depuis 2005, même si j’ai vu son nouveau groupe Wovenhand à 4 reprises, plus jamais je n’ai eu la chance d’entendre le moindre titre de Sixteen Horsepower sur scène. Il en jouait encore de ci de là, mais pour quelques heureux élus dont je n’ai – hélas – jamais fait partie.
La seconde, c’est qu’il y a à peine deux semaines, nous avions assisté au Roadburn Festival à un concert bouleversant de Wovenhand, justement. Puissant, racé, violent, agressif. Mais surtout, un David Eugene Edwards physiquement très accablé. Rachitique, méconnaissable, la barbe épaisse, les paupières tuméfiées, il nous surprit à prendre le public à partie, lançant des onomatopées spasmodiques entre chaque morceau… et parfois même au beau milieu d’une chanson. Inquiétant.



Avec les copains du Roadburn, on a tout de suite su qu’on irait au Roots and Roses deux semaines plus tard. Pas seulement parce qu’il y jouerait en solo. Mais aussi par crainte que ce fût l’une des dernières représentations d’un homme visiblement très accablé, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Hier, vers 18h, David Eugene Edwards montait donc sur scène.

Même regard vide que deux semaines plus tôt, l’idole n’a manifestement pas profité de la gastronomie locale pour se remplumer. Accompagné de son claviériste, il s’assied, s’empare de son fameux banjo monté sur un corps de mandoline (j’en profite pour rappeler que c’est bientôt mon anniversaire) et entame les premiers arpèges de Whistling Girl. Impeccable.

Sur les quatre ou cinq premiers titres de son concert, David Eugene Edwards se contente de parcourir le répertoire de Wovenhand, lui offrant une interprétation dépouillée mais sans grande surprise pour les habitués. C’est vrai qu’en l’espace d’un an, je les avais déjà vus trois fois…

Mais c’est vers la moitié du set que la machine s’emballe. Sur le manche de sa petite guitare modèle parlour, le classique de la musique folk américaine des années 30, l’artiste esquisse les premières notes de Hutterite Mile, titre qui ouvre l’album Folklore, le dernier album studio de Sixteen Horsepower, alors que l’assistance se plonge dans un silence glacial. Soutenu par un clavier mortuaire, les yeux mi-clos, David scande ses textes comme s’il s’arrachait une dent à chaque mot. Nous y voilà. Il est revenu. En transe – éthylique ou pas, on s’en fout – il se lève à la fin du morceau et se perd, claudiquant entre gloussements primaires et pas de danse maladroits. Consternation et admiration.


Pas vraiment le temps de mesurer l’ampleur du drame qui est en train de se jouer sur scène. Lorsqu’il repose son cul sur sa chaise, c’est pour se lancer dans une version chamanique de Splinters, histoire d’enfoncer le clou encore plus profondément. Plus personne n’ose en douter : nous sommes bien en train de vivre un grand moment de musique. Même si l’homme dans les santiags semble sévèrement atteint. Même si ses mouvements semblent parfois lui échapper. Même si son visage meurtri, gris, transparent, n’inspire que crainte, tristesse et pitié. L’essentiel  - le son qui sort de son mètre carré de scène – est tout simplement brillant. D’une justesse redoutable. D’une sincérité incontestable.


Jamais ses textes ne m’ont paru aussi douloureux. Pourtant Dieu sait si je les ai décortiqués. Jamais ils n’avaient été interprétés avec une telle profondeur. Et c’est bien là toute l’ambiguïté de l’événement : nous sommes forcément tous mitigés. Partagés entre le pur bonheur de réentendre ces chefs-d’œuvre dans leur plus simple expression et la tristesse d’assister sur scène au déclin de celui qui les a enfantés.

Car finalement, voilà toute la contradiction intrinsèque à la musique de Sixteen Horsepower. Les thèmes abordés (la rédemption, l’homme seul face à Dieu, le dogme dans toute sa violence, le péché, la douleur, le châtiment, le jugement, etc.) retrouvent toute leur splendeur dans une interprétation tellement pure qu’elle en devient décadente. C’est avec un genou à terre, au bord du gouffre, les épaules courbées et le visage gonflé par d’invisibles gifles que David Eugene Edwards leur offre leur plus bel écrin. Une forme de performance artistique ultime. Après lui, le déluge.

Difficile de ne pas risquer le rapprochement – toutes proportions gardées - avec les albums de la série America de Johnny Cash, quand celui-ci s’époumonait pour encore chanter trois notes justes… et s’avérait pourtant au sommet de son art.

Alors oui, ça me choque. Oui, je suis triste. Oui, j’ai dû retenir quelques larmes. Et oui, j’en ai bien peur, mais si la déchéance poursuit son travail, David Eugene Edwards risque de ne plus tourner très longtemps.

Mais je reste persuadé que j’ai assisté là à l’un des plus beaux concerts de ma courte existence. J’en suis d’autant plus marqué que, dans mes bras, ma fille de 3 ans et demi assistait pour sa part à son tout premier concert. Quelle chance.

L’histoire aurait pu s’arrêter ici. Juste après les conclusions. Sauf que le public ne s’y est pas trompé. Tonnerre d’applaudissements interminables à la fin du set. La bête revient dans l’arène après s’être fait désirer. Le pas peu assuré, il se retourne vers le claviériste et je lis sur ses lèvres le titre qui ouvrira le rappel. Celui que j’attends depuis toujours. Celui qu’on passera à mes funérailles. Celui que je chantais à ma gamine sur ma guitare, alors qu’elle était encore dans le ventre de sa mère. Celui qui m’a accompagné dans mes grandes tournées en rollercaster émotionnel depuis lors. Celui dont les paroles sont capables de me déchirer dans le sens de la longueur. Celui qui est gravé en moi depuis ce premier album, c’était au milieu des années 90.

Ça a commencé comme ça :

Et puis, ça s’est terminé comme ça :
     

 Prosternation. Merci, mec.

Les liens


Wovenhand, le site officiel
Wovenhand sur MySpace

dimanche 20 mars 2011

David Eugene Edwards - The Preacher


Peut-être que, comme moi, tu n'as pas la télé. Peut-être que, comme moi, tu manifestes une étrange attirance pour la musique de David Eugene Edwards. Peut-être que, comme moi, tu regardes parfois des documentaires sur le net pendant que d'autres s'extasient devant trois connards qui apprennent à faire la bouffe devant des caméras. Peut-être que, comme moi, tu viens de découvrir qu'il était possible de foutre un cd en l'air uniquement en l'écoutant trop souvent. Et peut-être que, comme moi, tu n'es pas étonné de constater que c'est justement un cd de 16 Horsepower que tu vas devoir aller racheter parce qu'il saute tout le temps.

Peut-être que tu te demandes d'où vient cette mystérieuse fascination pour cette musique de cow-boys du Colorado, toi qui, comme moi, n'as aucune sympathie particulière pour la musique country.
Peut-être que tu te demandes si tu n'es pas en train de virer catho, à force d'entendre ces prières à longueur de journée.
Et peut-être que, comme moi, tu n'as toujours pas digéré la dissolution de 16 Horsepower, tournant majeur, pour toi aussi, dans l'histoire du rock. Tournant que tu peines également à expliquer.

Mon ami(e), aujourd'hui ce blog se transforme en télé pour toi.
Je te propose de découvrir un documentaire unique, tourné en 2000 par une chaîne néerlandaise, entièrement dédié à David Eugene Edwards : The Preacher.

A un moment, on le voit bouffer. Mais ne t'inquiète pas. Personne ne lui attribuera de cote pour sa tambouille à la fin de l'émission. Je me suis quand même permis de noter sa musique : je lui ai mis un 10/10 pour l'authenticité.











Les liens

David Eugene Edwards entame bientôt une tournée européenne en solo. Il passera notamment au festival Roots & Roses de Lessines le 1er mai prochain et à la Toneelhuis à Anvers le 30 avril.

http://www.wovenhand.com/

http://www.myspace.com/wovenhand

mercredi 30 juin 2010

Lilium - Felt

Puisque, sur album, Wovenhand ne parvient plus à m’émouvoir comme avant, je vais commettre une légère infidélité. De ces infidélités un peu sordides, celles qui restent confinées dans le cercle familial et qui dévient parfois vers la consanguinité. Complice de cet impair : le bassiste français Pascal Humbert et son propre projet Lilium. Je dis bien « projet » parce que l’exercice de style pourrait difficilement être qualifié de groupe à part entière. Au gré des morceaux, il s’entoure des musiciens et vocalistes qui donneront à ses compositions tout le lustre qu’elles méritent. Bienvenue dans un concept à géométrie variable, un album qu’on compose à la carte avec les ingrédients de saison.

Si tu ne le connaissais pas, Pascal Humbert était le bassiste génial de feu 16 Horsepower, et depuis lors, reste le lieutenant fidèle de David Eugene Edwards au sein de Wovenhand. Compte tenu du caractère en acier trempé de l’allumé du Colorado, on peut imaginer que Humbert avait besoin d’une soupape de sécurité, un espace rien qu’à lui pour exprimer tout ce qui ne rentrait pas dans son rôle d’équipier de luxe.

Voilà donc comment est né Lilium, dont Felt est le troisième album en environ 10 ans d’existence. Plus posé, plus sage, plus atmosphérique que ses illustres cousins, Lilium s’écoute comme la bande son d’une traversée qui nous emmènerait au cœur de l’Amérique, celle des plaines désertiques, des routes à n’en plus finir et d’un soleil qui ferait transpirer nos chemises. Autour de la basse, ou de la contrebasse, viennent se greffer ici quelques accords de guitare, là une poignée de notes de piano et parfois mêmes des cuivres discrets. Des voix – féminines, masculines ou les deux – ajoutent une touche humaine à ce qui s’apparenterait autrement à la visite d’un village fantôme, perché sur un cheval rachitique et assoiffé, à la recherche de quelques gouttes d’eau dans un abreuvoir rempli de scorpions.

Felt s’impose comme un album d’une beauté assez brute et introvertie qui, sans tomber dans la facilité, ratisse du côté du folk, de la country, du jazz, du blues. Avec à l’intersection de tous ces styles toujours cette impression de chaleur étouffante, cette sueur qui ruisselle dans la nuque, ce soleil aveuglant. Un album qui sent le vieux cuir usé et le tabac à chiquer.

Une bien belle réussite pour un troisième album qui passera certainement entre les gouttes.

A écouter : Right were you are

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Sur le label Glitterhouse

vendredi 14 mai 2010

Wovenhand – The Threshing Floor

Fidèle à une image aussi opaque que le noir de ses chemises, David Eugene Edwards reste une des grandes énigmes de la musique folk américaine. Auteur de certaines des plus belles perles des années 90 avec 16 Horsepower, il s’obstine depuis 2000 avec un Wovenhand qui peine à convaincre sur disque. Jusqu’à présent, seuls les albums Consider The Birds et Mosaic étaient parvenus à approcher le sublime des temps jadis.

Même constatation avec The Threshing Floor, encore tout chaud dans les bacs et à mon humble avis le moins bon de tous les albums de Wovenhand. Trop produit, trop mal produit ou justement trop bien produit ? Il n’en demeure que sur disque, David Eugene Edwards s’éparpille derrière des artifices qui diluent justement le cœur de sa musique : des notes et des textes censés lui sortir des tripes mais qui percent mal un brouillard d’effets sonores reproduisant (plutôt mal) des ambiances de marche militaire du XIXe siècle, des univers inspirés de la musique native américaine, voire carrément certaines harmonisations médiévales.

Le verdict est sans appel : d’une oreille ou de l’autre, The Threshing Floor est une immense déception, même si tout n’est pas à jeter aux orties. On pourra toujours retenir la splendide ballade Singing Grass (et dans une moindre mesure His Rest) qui se démarque justement par son côté très dépouillé. Et éventuellement le titre The Threshing Floor qui, sans être transcendant sur l’album, s’est révélé d’une puissance phénoménale sur scène… Et oui : nous voilà arrivés à la question cruciale : et en live, ça donne quoi ?

Wovenhand était de passage à l’AB ce mercredi. Le cœur serré de cette nouvelle déception sur CD, j’y allais la tête pleine de doutes. Il n’aura fallu qu’une poignée de secondes au prêcheur du Colorado pour remettre l’église au milieu de la scène. Le cul qui ne tient plus en place sur son tabouret, David Eugene Edwards y revisite son répertoire avec toute l’énergie et le mysticisme qu’on est en droit d’attendre de la part d’un musicien aussi possédé. Le corps traversé de secousses, il offre en concert une lecture nettement plus brute et intense de ses compositions. Malgré les tensions qui ont mené à la séparation de 16 Horsepower, le bassiste Pascal Humbert reste fidèle au poste. Sur les planches, l’alchimie est parfaite : ce dernier, absorbé par sa musique, ne fait plus qu’un avec son instrument, le regard perdu entre ici et là-bas. Quant à David Eugene Edwards, si ses yeux ne se révulsent plus comme à la grande époque, il s’extirpe toujours avec autant de passion. Les mains tremblantes, il exécute chaque nouvel accord de guitare comme un spasme qui lui serait dicté d’ailleurs.

D’où cette constatation un peu amère : comment un groupe aussi puissant sur scène parvient-il à foirer avec autant de dextérité le résultat sur album ? Une énigme, je te disais…

A regarder : un petit concert acoustique privé (et la fameuse "banjoline")



A écouter : Singing Grass



Les liens : 

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Lilium (Pascal Humbert)
Le label Glitterhouse

jeudi 18 décembre 2008

Crisis Hits 2008













C’est la cérémonie traditionnelle au moment où on monte le sapin. Cette année, plutôt que de donner dans le sempiternel top 10 des albums, j’ai préféré compiler les titres qui me semblaient les plus emblématiques pour figurer sur la BO d’un monde qui part en looping.

Ecoute, apprécie et n’oublie pas d’acheter tout ce qui te plaît. Puis fais-en ta compile. Tu peux imprimer la jacket en cliquant sur l'image ci-dessous, et l'arrière en cliquant sur l'image tout en bas de ce post.

1. Portishead - Silence (extrait de l’album Third)

Rarement un titre se sera dégagé avec une telle aisance du peloton annuel, rarement il aura maintenu avec une telle puissance une avance confortable et indiscutable. Third n’est pas que l’album de l’année. C’est aussi le disque qui indique avec autorité que le XXIe siècle vient de commencer. Le titre Silence est au rock ce que le 11 septembre aura été à la géopolitique : une claque monumentale.

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2. Alain Bashung - Résidents de la République (extrait de l’album Bleu Pétrole)

Pour des raisons ultra-personnelles, la phrase « Chérie des atomes fais ce que tu veux » hérisse chaque poil de mon corps, ce qui n’est pas peu dire. L’effet est immédiat à chaque écoute : une torture lente et hautement addictive.

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3. Dead Meadow - Between Me And The Ground (extrait de l’album Old Growth)

Sombre et poussiéreuse, la musique de Dead Meadow nous ramène à l’essentiel du rock : un ampli qui sature, une voix qui traîne les pattes et même un solo de guitare pour terminer. Dieu que ça fait du bien.

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4. Dub Trio - Not For Nothing (extrait de l’album Another Sound Is Dying)

Le coup de boule de l’année. Une puissance phénoménale alliée aux ambiances enfumées du dub. Le mariage du loup et de l’agneau, mais un agneau avec des dreadlocks.

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5. Diebold - USaid (extrait de l’album Listen To My Heartbeast)

Un duo basse-batterie en ébullition, formé par deux membres d’A Silver Mt Zion qui crachent leur rage à coups de décibels bestiaux. USaid est le seul morceau « chanté » de l’album.

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Pas de vidéo dispo

6. Red Snapper - Wanga Doll (extrait de l’album Pale Blue Dot)

Le retour en fanfare inespéré des anciens maîtres du trip hop jazz ou Dieu sait comment il fallait les qualifier. Un comeback qui se traduit une nouvelle fois par un virage inattendu : cette fois, on explore les voies du rock psyché british avec un Wanga Doll totalement hallucinant.

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7. Grails - Doomsdayer’s Holiday (extrait de l’album Doomsdayer’s Holiday)

Même quand Grails s’attaque aux codes du doom, il conçoit sa musique comme un voyage tripant, ce qui donne un des morceaux les plus hypnotiques de l’année. Des extraterrestres, ces gars-là…

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La vidéo de promo




8. Nick Cave & The Bad Seeds – Midnight Man (extrait de l’album Dig Lazarus Dig)

Le grand Nick donne parfois l’impression de toiser le monde, haut perché derrière sa nouvelle moustache resplendissante. Pourtant, quand il se donne corps et âme dans un hymne pop rock, l’Australien sait faire preuve d’une sensibilité touchante qui va droit au but.

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9. Tindersticks – The Hungry Saw (extrait de l’album The Hungry Saw)

Malgré les airs de chansonnette un peu niaise qui émanent de ses premiers accords de guitare, The Hungry Saw te prend à la gorge dès que Stuart Staples récite son texte aiguisé, la voix pleine de trémolo. Elle est fâchée, la scie…

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10. Tu Fawning – Out Like Bats (extrait de l’EP Secession)

La rencontre de Corrina Repp et de Joe Haege de 31knots donne cette ballade d’un matin brumeux, qui semble avoir été composée pour n’être jouée que sur un vieux gramophone rouillé.

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La vidéo d'I'm Gone (le titre Out Like Bats est à écouter sur la page MySpace)




11. Guernica – I Cried The Day Marlon Brando Died (extrait de l’album Who Are Your Songs For?)

En fermant les yeux, j’avais l’impression de réentendre Quickspace en écoutant ce premier album des Bruxellois de Guernica : mêmes guitares entêtantes, même chant étouffé et monotone, même sabotage organisé des mélodies.

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Pas de vidéo dispo mais la chanson est téléchargeable ici.

12. The Melvins – Suicide In Progress (extrait de l’album Nude With Boots)

Les Melvins au sommet de leur art: le morceau commence par une interminable intro instrumentale (guitare ravageuse, claps claps, rythmique infernale) avant de virer totalement de bord et de passer à un blues joué les tripes à l’air.

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La vidéo (en live)




13. 16 Horsepower – Haw (live) (extrait de l’album Live March 2001)

Difficile de ne pas mentionner la sortie de ce live mythique, qui balaie en deux CD le répertoire époustouflant d’un des groupes majeurs des 15 dernières années. Des litres de sueur, des invocations mystiques, un riff de guitare qui me fend comme une bûche : Haw est un des meilleurs titres de 16HP, même si le choix est impossible. Ce sont les paroles qui se rapportaient le mieux à la situation : « Baby don’t look down. Keep your arms around me. »

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La vidéo (au tout début de 16HP)




14. John Greenwood - Prospectors Arrive (extrait de la bande originale de There Will Be Blood)

Pour conclure de la plus belle manière qui soit: le guitariste de Radiohead a composé une BO somptueuse pour en film coup de poing. Le visage fermé de Daniel Day Lewis apparaît subrepticement derrière chaque note.

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La bande annonce


dimanche 2 novembre 2008

Woven Hand - Ten Stones

J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne, c’est que David Eugene Edwards est de retour. La mauvaise, c’est que j’ai beau l’écouter dans tous les sens du poil, Woven Hand n’atteindra jamais le niveau de Sixteen Horsepower.

Moins tendu, moins sanguin, moins viscéral.

Il faut que je m’y fasse : Sixteen Horsepower est mort et enterré.


Petite leçon de psycho de cuisine

Référons-nous à la courbe du deuil de Kübler-Ross pour comprendre mon état actuel. Que nous apprend ce modèle ? Que face à la perte d’un être cher, nous passons par plusieurs stades (la fameuse « vallée des larmes ») avant de pouvoir enfin faire notre deuil et repartir de l’avant. Ces cinq phases sont le déni, la colère, le marchandage, la dépression et l’acceptation.

Le déni : « Non, Sixteen Horsepower n’est pas mort. D’ailleurs, ils continuent, mais ils ont juste changé de nom. Maintenant ils s’appellent Woven Hand. »

La colère : « Si tu dis encore une fois que Sixteen Horsepower est mort, j'te bute. Et j'te bute jusqu’à la mort. »

Le marchandage : « Je vais aller voir Woven Hand en concert, je vais me mettre au premier rang et, entre chaque titre, je vais réclamer American Wheeze ou Haw. Horse Head ou I Seen What I Saw. Burning Bush ou Poormouth, etc. »

La dépression : « Bouhouhou. Je viens de claquer 50 euros pour un festival à la con, à 150 bornes d’ici, pour voir Woven Hand qui n’a même pas joué une seule chanson du répertoire de Sixteen Horsepower. Je ne suis qu’un bon à rien. »

L’acceptation : « Bon, tant pis. Je vais écouter le dernier Woven Hand à mon aise, sans a priori. Advienne que pourra. Et si je n’aime pas, ce n’est pas grave, j’écouterai autre chose. »

Voilà l’état dans lequel je me trouve à l’instant précis. En écrivant ces quelques lignes, je suis juste en train de basculer dans l’acceptation. Ce fut difficile, ce fut long mais j’y arrive tout doucement. Ce Ten Stones, je l’aime forcément beaucoup moins que tout ce qu’a pu faire Sixteen Horsepower. Peut-être parce que j’y cherche des choses que je ne suis pas censé y trouver.

D’ailleurs, ce qui est étonnant, c’est qu’en arrêtant de chercher ce petit détail auquel je voulais tant me raccrocher, d’autres petites choses tout à fait plaisantes se sont enfin dévoilées : une reprise d’un standard de la bossa nova avec Quiet Nights Of Quiet Stars, des guitares venues d’une autre galaxie sur His Loyal Love.

Mais sur la longueur, j’accroche un peu moins. C’est un peu trop posé à mon goût. On dirait même par moments que David Eugene Edwards aurait enfin trouvé la paix intérieure. Or, c’est justement lorsque celui-ci se montre sous son jour le plus torturé qu’il m’impressionne. Même sur Mosaic, l’album précédent de Woven Hand, j’avais frissonné plus d’une fois. Le problème, c’est que sur Ten Stones, il ne m’effraie plus.

Je continuerai donc à écouter Sixteen Horsepower avec la même passion fanatique. Les disques de Woven Hand, eux, je les écouterai plus épisodiquement, juste par plaisir. "Seulement" par plaisir.

PS : J'espère que mon amie Polly ne m'en tiendra pas rigueur. Les opinions, c'est fait pour ne pas être d'accord, n'est-ce pas ? Allez-y ! Crucifiez-moi de vos arguments cinglants !

PSS : Désolé pour le ton "donneur de leçons" du cours de psycho de crise. Mais c'est frustrant de se tenir prêt pendant des années à faire de la gestion de crise et de constater, quand la crise est là et bien là, que tout cela ne sert à rien de rien.


A regarder : The Beautiful Axe (en live)




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