dimanche 28 décembre 2008

Guapo - Elixirs


Phénomène insaisissable, les Britanniques de Guapo ont médusé le Vooruit de Gand début décembre, en assurant la première partie du concert d’Isis – et en leur volant la vedette par la même occasion (mais ça, ce n’est que mon avis personnel). Le quatuor (une batterie, une basse, une guitare et un clavier) s’appuie sur des compositions instrumentales lentes et colorées pour imposer des ambiances qui évoquent au choix les vieilles séries de science-fiction ou les films de Tim Burton. Sur scène, les collants à paillettes ajoutent un petit côté glam à la mise en scène, chose assez inhabituelle chez les groupes traditionnellement signés sur Ipecac ou Neurot.

En quelques secondes, chaque morceau se mue en une marche mortuaire fluorescente qui, quelques bières au fût aidant, titille l’imagination de l’auditeur et dessine des scènes où de méchants monstres avancent en cadence d’un pas mécanique.

Tadaaaam [la bête sort du bois] ; Tadaaaaaam [elle se rapproche lentement] ; Tadaaaaam [elle ouvre la gueule et découvre deux paires de crocs aiguisés].

Elixirs, le dernier album en date de Guapo n’échappe pas à cette règle… du moins sur la première moitié du disque. Mêmes rythmes processionnaires, même tension, mêmes sonorités venues d’une autre galaxie.

A mi-parcours toutefois, Guapo emprunte des voies inexplorées, s’ouvre d’autres portes et enrichit ses orchestrations d’arrangements inattendus. Ainsi, les deux titres du diptyque Twisted Stems : The Heliotrope et Twisted Stems : The Selenotrope commencent comme ces atmosphères minimalistes à la Swod et évoluent vers une transe psyché à laquelle s’invitent des chœurs monastiques et une voix féminine jazzy. A l’opposé, sur The Planks, Guapo rameute toute la cavalerie et s’offre 3’11 d’un rock shamanique où domine une guitare qui dégueule de l’ayahuasca par gallons.

La musique de Guapo serait-elle devenue tribale, voire dansante ? Fausse alerte : le rideau se referme sur King Lindorm, soit plus de 15 minutes de piano dissonant, de coups de gong et d’errements jazz-prog d’une précision helvétique. Voilà qui remet les pendules à l'heure avant de sortir de l’écoute de cet album qui affiche quand même plus de 58 minutes au compteur pour seulement… 6 morceaux.

Il faut forcément être un peu barje pour imaginer de telles dérives musicales. Pourtant, la musique de Guapo dégage une étrange impression d’accessibilité, impression renforcée par une production soignée qui évite de gonfler le son inutilement. Au moins, le côté ovni ne laissera personne indifférent.


A regarder : un court extrait de King Lindorm en live







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lundi 22 décembre 2008

Worldwild: le deuxième album de Pterodactyl prévu pour le printemps



Pterodactyl annonce la sortie prochaine de son deuxième album, sur le label Brah Records. Le groupe de Brooklyn lève une toute partie du voile sur Worldwild et propose un premier extrait en téléchargement gratuit, le très mystérieux December.






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jeudi 18 décembre 2008

Crisis Hits 2008













C’est la cérémonie traditionnelle au moment où on monte le sapin. Cette année, plutôt que de donner dans le sempiternel top 10 des albums, j’ai préféré compiler les titres qui me semblaient les plus emblématiques pour figurer sur la BO d’un monde qui part en looping.

Ecoute, apprécie et n’oublie pas d’acheter tout ce qui te plaît. Puis fais-en ta compile. Tu peux imprimer la jacket en cliquant sur l'image ci-dessous, et l'arrière en cliquant sur l'image tout en bas de ce post.

1. Portishead - Silence (extrait de l’album Third)

Rarement un titre se sera dégagé avec une telle aisance du peloton annuel, rarement il aura maintenu avec une telle puissance une avance confortable et indiscutable. Third n’est pas que l’album de l’année. C’est aussi le disque qui indique avec autorité que le XXIe siècle vient de commencer. Le titre Silence est au rock ce que le 11 septembre aura été à la géopolitique : une claque monumentale.

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2. Alain Bashung - Résidents de la République (extrait de l’album Bleu Pétrole)

Pour des raisons ultra-personnelles, la phrase « Chérie des atomes fais ce que tu veux » hérisse chaque poil de mon corps, ce qui n’est pas peu dire. L’effet est immédiat à chaque écoute : une torture lente et hautement addictive.

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3. Dead Meadow - Between Me And The Ground (extrait de l’album Old Growth)

Sombre et poussiéreuse, la musique de Dead Meadow nous ramène à l’essentiel du rock : un ampli qui sature, une voix qui traîne les pattes et même un solo de guitare pour terminer. Dieu que ça fait du bien.

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4. Dub Trio - Not For Nothing (extrait de l’album Another Sound Is Dying)

Le coup de boule de l’année. Une puissance phénoménale alliée aux ambiances enfumées du dub. Le mariage du loup et de l’agneau, mais un agneau avec des dreadlocks.

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5. Diebold - USaid (extrait de l’album Listen To My Heartbeast)

Un duo basse-batterie en ébullition, formé par deux membres d’A Silver Mt Zion qui crachent leur rage à coups de décibels bestiaux. USaid est le seul morceau « chanté » de l’album.

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Pas de vidéo dispo

6. Red Snapper - Wanga Doll (extrait de l’album Pale Blue Dot)

Le retour en fanfare inespéré des anciens maîtres du trip hop jazz ou Dieu sait comment il fallait les qualifier. Un comeback qui se traduit une nouvelle fois par un virage inattendu : cette fois, on explore les voies du rock psyché british avec un Wanga Doll totalement hallucinant.

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7. Grails - Doomsdayer’s Holiday (extrait de l’album Doomsdayer’s Holiday)

Même quand Grails s’attaque aux codes du doom, il conçoit sa musique comme un voyage tripant, ce qui donne un des morceaux les plus hypnotiques de l’année. Des extraterrestres, ces gars-là…

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La vidéo de promo




8. Nick Cave & The Bad Seeds – Midnight Man (extrait de l’album Dig Lazarus Dig)

Le grand Nick donne parfois l’impression de toiser le monde, haut perché derrière sa nouvelle moustache resplendissante. Pourtant, quand il se donne corps et âme dans un hymne pop rock, l’Australien sait faire preuve d’une sensibilité touchante qui va droit au but.

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9. Tindersticks – The Hungry Saw (extrait de l’album The Hungry Saw)

Malgré les airs de chansonnette un peu niaise qui émanent de ses premiers accords de guitare, The Hungry Saw te prend à la gorge dès que Stuart Staples récite son texte aiguisé, la voix pleine de trémolo. Elle est fâchée, la scie…

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10. Tu Fawning – Out Like Bats (extrait de l’EP Secession)

La rencontre de Corrina Repp et de Joe Haege de 31knots donne cette ballade d’un matin brumeux, qui semble avoir été composée pour n’être jouée que sur un vieux gramophone rouillé.

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Télécharger Out Like Bats

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La vidéo d'I'm Gone (le titre Out Like Bats est à écouter sur la page MySpace)




11. GuernicaI Cried The Day Marlon Brando Died (extrait de l’album Who Are Your Songs For?)

En fermant les yeux, j’avais l’impression de réentendre Quickspace en écoutant ce premier album des Bruxellois de Guernica : mêmes guitares entêtantes, même chant étouffé et monotone, même sabotage organisé des mélodies.

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Pas de vidéo dispo mais la chanson est téléchargeable ici.

12. The Melvins – Suicide In Progress (extrait de l’album Nude With Boots)

Les Melvins au sommet de leur art: le morceau commence par une interminable intro instrumentale (guitare ravageuse, claps claps, rythmique infernale) avant de virer totalement de bord et de passer à un blues joué les tripes à l’air.

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La vidéo (en live)




13. 16 Horsepower – Haw (live) (extrait de l’album Live March 2001)

Difficile de ne pas mentionner la sortie de ce live mythique, qui balaie en deux CD le répertoire époustouflant d’un des groupes majeurs des 15 dernières années. Des litres de sueur, des invocations mystiques, un riff de guitare qui me fend comme une bûche : Haw est un des meilleurs titres de 16HP, même si le choix est impossible. Ce sont les paroles qui se rapportaient le mieux à la situation : « Baby don’t look down. Keep your arms around me. »

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La vidéo (au tout début de 16HP)




14. John Greenwood - Prospectors Arrive (extrait de la bande originale de There Will Be Blood)

Pour conclure de la plus belle manière qui soit: le guitariste de Radiohead a composé une BO somptueuse pour en film coup de poing. Le visage fermé de Daniel Day Lewis apparaît subrepticement derrière chaque note.

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La bande annonce


mercredi 17 décembre 2008

The Black Heart Rebellion - Monologue

Pour son premier album, The Black Heart Rebellion a opté pour l’excellent label courtraisien Vlas Vegas (Hitch, Vandal X, etc.) Le résultat a atterri dans les bacs depuis quelques semaines.

Au premier contact visuel avec l’objet, on devine immédiatement un air de famille avec le grand frère Amen Ra : une belle robe noire, sobre et mystérieuse ; absence de la moindre mention. Le décor est planté : on n’aura pas affaire à des tendres. Pas étonnant puisque le groupe donne également dans le screamo, plaquant une voix écorchée sur des ambiances froides et ténébreuses.

Pourtant, la comparaison s’arrête à l’emballage et passera tout au plus le cap d’une première écoute distraite. En s’y intéressant de plus près, on remarque rapidement que The Black Heart Rebellion se révèle beaucoup plus subtil et préfère les montées en puissance sophistiquées de Red Sparowes aux murs du son monolithiques de Neurosis. Mieux encore, Monologue apporte au genre une épice qu’on ne lui connaissait pas jusqu’alors : un sens du groove qui évoque par moments… At The Drive-In. Rien que ça.

Emballé en 7 morceaux pour un peu moins de 40 minutes, Monologue sera un véritable uppercut pour tous ceux qui pensaient que le post-rock était condamné à rester chiant et que le screamo se limiterait à une histoire de gros bras.

A regarder : Erase. Redraw Our Maps (live at 4AD)



Les liens :

Sur MySpace : http://www.myspace.com/blackheartrebellion

Le label Vlas Vegas : http://www.vlasvegas.be

dimanche 14 décembre 2008

Radical Pigeon Records: ça roucoule à Courtrai

Cocorico. Un nouveau label vient de voir le jour à Courtrai: Radical Pigeon Records. La production fait la part belle à l’ambient, au drone, à l’electro minimaliste et aux improvisations sonores en tous genres.

Les trois premières sorties, limitées à 75 exemplaires chacune, mettent en avant les aventures extraconjugales de différents membres de Galatasaray. A découvrir : All Shadows And Deliverance, Isaac et Hawai.






Les liens :

Le site de Radical Pigeon Records (en construction)

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All Shadows And Deliverance

Isaac

Hawai

Galatasaray

lundi 8 décembre 2008

Monarch - Mer Morte


Et si nous essayions de ralentir la vitesse de rotation de la terre?

Et si nous arrivions carrément à la faire tourner en sens inverse?

Si nous laissions chaque note s’épancher indéfiniment, soutenue par quelques tonnes de compression?

Au fait, combien pèse l’Univers?

Et quel est le poids d’un trou noir?

Et si nos cris se déversaient comme de la lave en fusion sur vos corps décharnés?

Et si nous érigions un temple entièrement dédié à la déesse Dissonance?

Et si nous vous enchaînions dans ce temple?

Tout cela ressemblerait-il à l’Apocalypse?

Ça s’appelle Monarch et c’est la réponse bleu-blanc-rouge à Sunn o))). Ici, on ne se situe plus tout à fait dans le registre de la musique, ni tout à fait dans celui du bruit.

On est juste ailleurs.


Le lien

http://www.myspace.com/monarchuberalles

dimanche 7 décembre 2008

Jean-Philippe Querton - L'Homme à la Chimay bleue


Malgré son titre alléchant, ce que nous conte Jean-Philippe Querton n’a rien d’une belle histoire. On y suit la rapide déchéance d’un homme d’un âge certain qui, après les mises en garde de son médecin (« A ce rythme-là, il vous reste cinq mois à vivre »), décide de profiter à fond de ses derniers instants. Il s’exile dans un bled de campagne, y loue une chambre et précipite sa chute à l’aide de la plus belle des armes : la Chimay bleue.

Chaque matin, il prend place au bistrot du coin et écluse les trappistes les unes après les autres. Les premiers jours de ce périple au fond d’un verre de 33 cl fournissent à l’auteur un excellent prétexte pour évoquer sa passion pour les mousses onctueuses :

"La troisième bleue est souvent la meilleure. (…) Le palais est absorbé par le parfum du breuvage, la finesse de son bouquet régale les papilles qui ne sont pas encore anesthésiées par l’alcool.

La troisième, il faut la faire durer.

La savourer.

Chez moi, c’est le moment où se diffusent dans mon corps et mon esprit les effets stupéfiants de la boisson.

Un bien-être m’envahit, une sensation de sérénité me submerge, ma perception de la réalité se modifie.

Le monde qui m’entoure s’embellit.

Il faudrait commencer par la troisième et terminer par la troisième."

Comme on s’en doutait, la relation à la bière passe rapidement du plaisir au besoin maladif. Notre vieil ami sombre ainsi progressivement dans son propre vice et passe du stade de buveur jovial à celui de poivrot pathétique et répugnant. Adieu les belles phrases sur les réjouissances gustatives, voici venu le temps de la douleur, des spasmes, de l’odeur d’urine, des taches de vomi sur la chemise et des réveils pâteux arrosés de matière fécale.

Au bout du tunnel, le vieil homme fait toutefois une rencontre inattendue qui pourrait le remettre sur les rails. Sauf que…

Sauf que, sans flinguer la fin pour autant, on peut dire que l’auteur n’avait vraiment pas envie d’un happy end. Au moment où le pochard semble enfin avoir retrouvé goût à la vie, c’est peut-être celle-ci justement qui va l’achever : violence, perversion, crimes et vengeance se bousculent dans les dernières pages de ce récit étonnant qui laisse le lecteur KO face à tant d’atrocités.

Ce qui semblait être une réflexion sur la solitude et le suicide se mue finalement en une fable terrible, réduisant l’homme à une bête.

Fascinant et perturbant.

Les liens:

http://www.editionschloedeslys.be/

http://chloedeslysblog.canalblog.com/

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mardi 2 décembre 2008

Qui a dit "pas de lézard"?

Vous avez remarqué ? Ma montre s’est arrêtée, mon cœur a cessé de battre, les Bourses ont interrompu leur descente infernale, le soleil s’est éteint quelques secondes, le Danube s’est mis à couler en sens inverse, les chiens ont enlacé les chats, les feuilles sont retournées dans les arbres et les Range Rover ont commencé à absorber du CO2.

Pourquoi continuer à nous faire chier avec toutes ces histoires de crise alors que l’événement du siècle nous inonde d’excitation ?

Je cite, en anglais dans le texte :

All Tomorrow’s Parties are extremely excited to announce that THE JESUS LIZARD have reformed and will perform at the Fans Strike Back festival in 2009.

L’événement aura lieu à Londres, du 8 au 10 mai, et l’affiche propose également Devo, Grails, Spiritualized, The Cave Singers, etc.

Evidemment, ça coûte une tonne (160 livres, auxquelles il faut ajouter le prix du billet d’Eurostar, le logement éventuel sur place et les tarifs délirants des consommations outre-Manche). Mais la bonne nouvelle, c’est que le concert londonien des Jesus Lizard sera le premier d’une tournée qui s’achèvera en novembre 2009 à Chicago.

Autrement dit, on aura peut-être une chance d’aller suer avec David Yow sans devoir pour autant demander une avance sur l’héritage de grand-maman.

Puis, les groupes à l’affiche au All Tomorrow’s Parties se retrouvent souvent au programme du Primavera, à Barcelone. Avec le soleil, la plage, les tapas et les cruches de sangria.

Ben le voilà le rayon de soleil qui m’avait tant manqué depuis ce matin.



Les liens :

dimanche 30 novembre 2008

Exprime-toi, bordel de Dieu


Regarde en haut à gauche. Héhé, surprise... même si ça ne changera pas le sens de rotation de la Terre.

vendredi 28 novembre 2008

Catherine Feeny - Empty Buildings EP


On ne le dira jamais assez : mieux vaut un EP moyen qu’un mauvais album. Surtout quand on hésite sur la direction à prendre. C’est ce qu’a dû se dire Catherine Feeny, après un excellent premier album éponyme et une suite totalement décevante. En effet, sur Hurricane Glass, la belle avait délaissé le folk doux et mélancolique des débuts pour une country pop FM du plus mauvais goût, à la mode « Mon Shérif a des chouettes bottes ». Preuve de ce revirement malheureux, Marc Ysaye n’hésite pas à programmer ce deuxième album en boucle sur Classic 21, aux heures où les vachers du XXIe siècle restent scotchés au transistor en astiquant leur bécane.

« Catherine, c’est Feeny. Et dire que c’était la ville de mon premier amour », aurais-je pu chanter si j’avais été totalement certain que le ridicule ne tue pas, affirmation dont je doute de plus en plus depuis le décès de Charlton Heston.

Dilemme pour le troisième album : revenir à la spontanéité des débuts ou s’acharner sur le marché des chemises de bucheron et des Stetson, terrain déjà bien occupé par Sheryl Crow ?

Catherine botte en touche et sort le joker : un EP de cinq titres.

L’avantage de l’EP, c’est qu’il s’apparente à une parenthèse dans une carrière, un petit break qui permet de faire le point avant de se relancer. Plus libre et commercialement moins contraignant, ce format ouvre la porte à quelques dérapages (très) contrôlés, histoire de prendre son propre pouls avant d’opter définitivement pour le camp des cowboys (Sheryl Crow, Dawn Landes, etc.) ou celui des Indiens (Alela Diane, Mariee Sioux, etc.)

Ah si les choses étaient si simples. Sur cet EP, Catherine Feeny sort le grand jeu sur au moins deux morceaux : Empty Buildings et Santa Ana Wind lorgnent gentiment du côté de Suzanne Vega, dont elle assura par ailleurs la première partie à l’AB il y a quelques années. C’est clairement avec ce genre de ballades feutrées à peine arrangées que Catherine m’avait séduit un jour, il y a longtemps.

Chassez la veste à franges et les santiags et elles reviennent malheureusement au galop sur The Mighty Whale & Abraham (qui fait quand même l’économie du lapsteel, mais n’évite pas le piège du refrain siffloté) et, surtout, sur l’imbitable Junk Queen, en duo avec le chanteur country Brian Wright, qui pue le saloon et le crottin de cheval à plein nez.

A mi-parcours, on épinglera Sugar, petite berceuse hivernale, plus douce que vraiment amère. C'est pas mal, mais dans le genre, Stina Nordenstam fait tellement mieux. D'ailleurs, elle devient quoi, Stina ?

Verdict : si on aime autant les EP, c’est justement parce qu’on y trouve tout et son contraire. Si le but était de tester le terrain avant le prochain album (If I am the Bell, You are the Anchor, prévu pour début 2009), je recommande vivement à la petite Catherine d’emprunter les métros New Yorkais plutôt que de traverser les plaines du Far West dans sa diligence. Je n’y crois pas beaucoup mais qui sait ?

Quant au folk apache, ce sera « va voir ailleurs si j’y suis ». Chez Headless Heroes, par exemple.

Les liens

Le site officiel : www.catherinefeeny.com

Sur MySpace: www.myspace.com/catherinefeeny

jeudi 20 novembre 2008

Red Snapper - Pale Blue Dot


Drôle de parcours que celui de Red Snapper. Ex-meilleur espoir d’une scène britannique qui cherchait le chaînon manquant entre The Herbaliser et Roni Size, le groupe londonien n’a cessé de se métamorphoser, passant du jazz à la drum’n’bass, de la soul au hip hop, avant de se dissoudre en 2002. Au passage, plusieurs DJ, MC et chanteuses ont profité d’un album ou d’un EP pour prendre le train en marche, avant de se faire débarquer à l’arrêt suivant.

Début 2007, après une série de concerts plébiscités outre-Manche, le groupe décida de reprendre le chemin des studios, se concentrant dans un premier temps autour de la formation initiale : le batteur Richard Thair, le guitariste David Ayers et le contrebassiste Ali Friend. Au passage, ils s’adjugèrent les services du saxophoniste Tom Challenger. What’s in a name…

Le résultat vient de sortir dans les bacs : Pale Blue Dot, un album court et nerveux (6 titres + 2 remixes pour l’édition limitée), 100 % instrumental et enregistré en conditions « live ». Ça donne un disque brut et sans artifice qui met en valeur l’essence-même du son de Red Snapper. Dépouillé, débarrassé des effets bling bling, il n’en reste que la colonne vertébrale, mais quelle colonne ! Pas l’ombre d’une scoliose, pas de trace d’une éventuelle hernie discale, pas une vertèbre qui dépasse. Du « fuckoffjazz », comme le décrivent les principaux intéressés, qui tourne principalement autour des dialogues contrebasse-guitare et vire par moments vers le rock progressif de King Crimson (Wanga Doll). On est loin, mais alors là très loin, de l’étiquette trip hop qui aurait pu leur coller aux basques aux débuts.

D’où la question qui tue : à qui s’adresse ce disque ? Franchement, pas facile à dire. Une chose est certaine : celles et ceux qui, à une époque, ont écouté Red Snapper entre Hooverphonic et Neneh Cherry vont dégueuler. Mais logiquement, ceux-là devraient avoir déjà quitté le navire avec le très excentrique Our Aim Is To Satisfy Red Snapper, sorti en 2002 et au titre qui en disait déjà long sur les intentions de la bande.

Par contre, les oreilles un peu plus exigeantes, plus patientes aussi, se plairont à retracer le fil de cette discographie chahutée et à reconnaître dans ce Pale Blue Dot la suite cohérente et inéluctable de tout ce qui a précédé. On peut donc sans trop se mouiller prédire un succès qui va se limiter à quelques « initiés », dans la discrétion du cercle familial.

En ce qui me concerne, j’adhère à 100% à cette démarche que je salue d’un respect infini. Que ceux qui y perdent leurs petits ne se dispensent pas de l’écoute hautement recommandée des vieilles perles que sont Prince Blimey et Making Bones.

A regarder : Clam (extrait de Pale Blue Dot - 2008)



A regarder : Some Kind Of Kink (extrait de Our Aim Is To Satisfy Red Snapper - 2001)



A regarder : Image Of You (extrait de Making Bones - 1998)



Les liens

http://www.myspace.com/redsnapperofficial

http://www.lorecordings.com/




lundi 17 novembre 2008

On en perd son Latin


Heureusement qu’ils sont là! Mais qui ça ? Les nouveaux beaufs, pardi ! On peut toujours compter sur eux pour nous dérider, même en période de marasme généralisé. Avec sa coupe d’Iroquois, son diamant à l’oreille, son froc blanc à paillettes, son sourcil balafré et sa grammaire si innovante, le nouveau beauf incarne le bouffon post-moderne, le boute-en-train façon Starac et Cauet.

Un nouvel exemple de ce mouvement des nouveaux beaufs nous est offert cette semaine sur un plateau d’argent par Jonathan Legear, l’un des espoirs du football belge. Malgré sa lumineuse crinière blonde, Jonathan craignait peut-être de passer inaperçu sur la pelouse. Il décida alors de suivre l’exemple de ses compagnons de vestiaire et se fit poser un bien joli tatouage sur le bras, pour que tout le monde le voie bien. Pour montrer qu’il est un dur de dur, Jonathan a opté pour la célèbre formule de César qui s’exclama jadis : « Veni Vidi Vici. » (Je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu)

Jusque là, rien d’exceptionnel, si ce n’est que notre footballeur littéraire a oublié de consulter le manuel de latin qu’il n’avait jamais lu quand il s’ennuyait sur les bancs de l’école et s’est fait inscrire sur le bras :

Vini Vidi Vici.

Une traduction libre donnerait à peu de choses près : « J’ai vu des vins et j’ai vaincu ». Voilà qui fera un peu moins trembler l’adversaire gaulois.

Interpellé à ce sujet par un journaliste sportif pas tout à fait analphabète, l’intéressé s’est contenté de répondre : « Je le trouve joli quand même. »

Je me demande si dans 2000 ans, les futurs beaufs se baladeront avec « Je suis viendu, j’ai vu, j’ai vaincu » en lettres gothiques sur le front. Et je me demande s'ils trouveront ça joli.

vendredi 14 novembre 2008

Se faire chier²

Quand je me fais vraiment chier, au point d’avoir mal aux méninges à force de devoir imaginer mille subterfuges pour faire semblant d’être occupé, je sors l’artillerie lourde : entrer les mots-clés qui tuent dans les moteurs de recherche… et laisser l’imagination faire le reste.

Pour obtenir les résultats les plus surprenants, pas besoin d’aller chercher dans la dernière édition du Robert. Laissons au moteur de recherche le soin de nous sortir ses plus belles trouvailles.

Expérience n°1 : taper « image » dans Google Images

On peut toujours compter sur Google Images pour livrer sur un plateau d’argent l’image qu’on n’attendait pas.

Alors, question : qui peut me dire ce qu’est censé représenter cette superbe image ?
Le vainqueur aura droit à toute l’estime qui me reste à distribuer.



jeudi 13 novembre 2008

Oranges métalliques

Ou les mésaventures incroyables d’une locomotive philanthrope malgré ses nombreuses avaries

Les lundis noirs ne sont pas uniquement l’oeuvre des Bourses qui dévissent. Il y a aussi des lundis qui pour 99,99 % des gens paraissent tout à fait banals (eh oui, « banal » est une exception), mais qui pour moi s’apparentent à un véritable parcours du con battant.

Mon lundi noir a commencé à 8h30, sur le siège en skaï d’un wagon de la SNCB. Action spéciale pour la veille de l’armistice ? - la Dame de Fer avait prévu ce lundi un train pour les nostalgiques des tranchées de 14, vieux, rouillé, puant et surchauffé pour permettre aux microbes et autres virus de passer plus facilement d’une victime à l’autre. A côté de moi, un homo non sapiens poilu et édenté mâchouillait maladroitement une vieille tartine au brie de Meaux qui traînait dans son sac depuis une bonne semaine et empestait la gastro-entérite. Moi, je suais à chaudes gouttes dans mon manteau gris, sentant l’odeur de la transpiration chatouiller mes narines. Nous étions entassés comme des bovidés qui partent à l’abattoir.

Abattoir Blues chantait Nick Cave.


Arrivé à l’abattoir de verre, la journée se déroula comme toutes les journées depuis que les marchés dégueulent : le vide, le néant, la négation de l’Homme.

Réveil en sursaut lorsque mon ami S. m’appela pour tâter ma motivation à l’idée de passer la soirée à Jumet, au HE:LL METAL. Le Death Metal n’est pas a priori le style que je préfère, mais de nature curieuse et surtout au bord de l’oxydation cérébrale par manque de stimuli, je répondis positivement à cette invitation ma foi fort à point.

C’était évidemment sans compter sur le talent naturel de la SNCB. Parti à 18h de Bruxelles-Nord, j’aurais dû arriver à 18h45 à Nivelles. « Aurais dû » parce qu’à 19h, nous étions toujours quelque part du côté d’Uccle. Motif invoqué par un contrôleur en panne d’imagination : des feuilles mortes sur les rails nous empêchaient de rouler à notre vitesse habituelle. Sauf qu’entre-temps, nous nous faisions dépasser par d’autres trains qui ne semblaient pas souffrir de ce problème.

19h15 : nouvelle annonce. « Chers passagers, j’ai une mauvaise nouvelle : nous allons devoir rentrer à Bruxelles suite à une avarie à la locomotive. » Dieu que je déteste ces « avaries à la locomotive », prétextes à tous les retards et abus.

- Qu’avez-vous à ajouter pour votre défense, accusé ?

- C’est pas ma faute, M’sieur le juge. C’est la faute à l’avarie à la locomotive.

- J'ordonne à la maréchaussée de libérer cet homme immédiatement.

19h30 : nous arrivâmes enfin en gare de Bruxelles-Midi. Arrière-goût amer en bouche : une heure et demi pour faire la jonction Nord – Midi, j’aurais été plus vite à pied !

20h : j’arrivai enfin à Nivelles. Merci la SNCB, j’avais déjà loupé la moitié des groupes à l’affiche ce soir, à cause d’une nouvelle « avarie à la locomotive ». Saletés d’avaries…

Juste le temps d’avaler un bout de pain rassis (c’est la crise, mes amis) et de troquer le costard cravate pour un vieux jeans et chemise en treillis et nous prîmes la route pour Jumet dont j’appris qu’elle est la plus grande commune de Belgique.

Dans la voiture, on se chauffait comme on pouvait en écoutant Anthrax et Napalm Death. Pas vraiment du death metal, mais c’est tout ce qu’on avait pu trouver de plus ou moins ressemblant.

Arrivés sur place, S. fut bien inspiré en me conseillant de virer les sacs et les CD dans le coffre, à l’abri des regards indiscrets. « Tu sais, Jumet c’est assez chaud quand même… » S. fuma rapidement sa clope pendant que des hordes de chevelus de noir vêtus rangeaient nerveusement du matériel dans le coffres de leurs automobiles.

Il nous restait à voir des artistes aux noms aussi prometteurs qu’Innerfire et Hate. Pourquoi pas, après tout ? Au moment de rentrer dans ce temple d’un soir du décibel gras et aiguisé, nous nous fîmes alpaguer par un portier visiblement surpris de notre présence. Hola shérif, sont-ce les couleurs trop vives de nos bures qui heurtent l’œil de l’indigène peu souriant ? « Désolé les gars, la soirée est annulée. C’est parti en couilles, un mec a sorti un flingue. Il y a quelques minutes, j’avais une arme sur la tempe. On a tout annulé et je vous conseille de rentrer chez vous. »

Nooooooooooooooooooooon. Mon festival de death metal !!!

Adieu Jumet. Adieu cow-boys. Huuuuuu, Jolly Jumper. Rentrons au campement.

Nous décidâmes donc de rentrer à Nivelles et de terminer la soirée bien sagement avec un dürüm et des bières spéciales. Pour le death metal, on repassera.

La Grimbergen au fût m’aida à passer une nuit relativement paisible, malgré l’énervement de m’être fait confisquer ma soirée par une bande d’écervelés nostalgiques des tueries du Brabant.

Puis finalement, en y repensant, je me rends compte que j’aurais pu vraiment mal tomber. Me retrouver nez-à-nez avec un tordu de la gâchette, ouvrir ma grande gueule « Allez Kid, lâche ton pistolet à eau, tu vas salir ton froc et ta mère va encore t’engueuler » et me faire plomber les genoux. Ou pire : me faire plomber la tronche. Et laisser une petite orpheline sur le trottoir.

Finalement, si mon train n’avait pas fait Bruxelles-Uccle-Bruxelles-Nivelles ce soir-là, j’aurais pu y rester. Finalement, c’est peut-être cette satanée « avarie à la locomotive » qui m’a sauvé la vie.

« Sauvé par une avarie à la locomotive. »

Ça aurait fait un super titre en première page de la DH si ça avait été un journal des bonnes nouvelles.

Merci la SNCB.

A regarder : la vidéo de Hate

Hate - Threnody


Les liens

Le HE:LL Metal (dont les organisateurs annoncent qu'ils jettent l'éponge) : www.hell-metal.net

Sur myspace: www.myspace.com/hellmetalpage

La SNCB : www.sncb.be

SMV - Thunder


Je vais jouer au vieil homme sérieux aujourd’hui. On disait que j’étais un peu plus âgé, la sagesse incarnée qui s’exprimerait à travers une barbe grisonnante et une paire de mules en poils de chameau. On disait que j’avais une chaîne Bose, payée par mon épargne pension, avec des enceintes trois voies disposées de chaque côté d’un fauteuil en vrai cuir (en VRAI cuir !), la raie sur le côté et une veste en tweed rapiécée au niveau des coudes. On disait que je toisais mon prochain perché sur un goitre d’autosatisfaction.

On disait que malgré mon âge certain et mes pattes d’oie d’homme mûr, j’avais conservé l’amour de ce merveilleux instrument qu’est la basse. Notamment, parce qu’un jour, alors que j’étais étudiant - souvenir en noir et blanc - un ami m’a parlé pendant de longues heures de Jaco Pastorius.

« Et Jaco ceci. Et Jaco cela. »


A l’époque, je n’étais pas encore vieux et sage, je vous le rappelle, je me moquais des bassistes comme des guerres franco-prussiennes. La bêtise typique de celui qui n’a atteint que les vingt printemps m’amenait à considérer les bassistes comme des guitaristes ratés obligés de supprimer deux cordes à leur arc pour éviter l’humiliation de la fausse note.

Pour le jeune moi, le bassiste n’était qu’un élément du décor musical, le copilote, la cinquième roue du carrosse, l’éternel deuxième, le Poulidor du rock, celui qu’on avait mis là parce qu’il n’y avait plus personne, l’Olivier Chastel de la Clé de Sol, le gardien remplaçant, le journaliste du 13h. Dans Hélène et les Garçons, Hélène se tapait le guitariste, pas le bassiste qui a d’ailleurs changé deux fois.


Et puis j’ai rencontré Jaco Pastorius et un autre monde s’est ouvert à moi. J’ai découvert des notes que je n’avais jamais entendues, un doigté (du calme, bande de cochons) que je ne connaissais pas. Pour être tout à fait honnête, je n’avais jamais entendu personne jouer de la basse avant Jaco.


Depuis, on m’a prêté une basse que j’ai rendue des étoiles plein les yeux. Ensuite j’ai acheté MA première basse que j’ai revendue un an plus tard pour m’offrir LA Fender Jazz Bass qui partage mon lit quand madame n’est pas là (du calme, bande de cochons, ce n’est qu’une façon de parler). Pas plus tard que ce week-end, j’ai même investi dans un nouvel ampli.

Aaaah la basse : tellement langoureuse, voluptueuse et sexy. Les notes sautillent et dansent dans l’oreille. On maltraite une gratte, mais on caresse une basse. Du bout des doigts. De la pulpe du doigt. Finalement, vous aviez raison, bande de cochons : la basse a vraiment une connotation sexuelle. La longueur du manche, la courbure du corps, l’épaisse rondeur des cordes, ces notes qui ronronnent quand glisse la main sur une touche de palissandre et qui giclent par saccades quand on joue en slap. Mmmmm…

Nom de Dieu : c’est carrément un instrument porno.(cool, ça va faire grimper le nombre de clics)

[silence du vieux sage qui reprend son souffle, s’éponge le front d’un mouchoir à carreaux et réajuste son pantalon de pyjama]

Hum…

Tout ça pour dire que… Pardon. Hum...


Je reprends. Tout ça pour dire que les trois dieux vivants de la basse jazz ont croisé leur instrument sur un même album. Trois générations de musiciens de légende : Stanley Clarke, Marcus Miller et Victor Wooten, ou SMV pour Stanley, Marcus et Victor. Trois approches qui ont révolutionné la pratique de la basse. Trois cv longs comme un réveillon passé aux urgences : des collaborations avec Chick Corea, Ali Di Meola, Miles Davis, Aretha Franklin, Prince, Wayne Shorter, AL Jarreau, Dave Matthews, Prince, etc.

Quand ces trois bêtes partagent un studio, ça donne un album de jazz forcément extrêmement élitiste, mais techniquement parfait. Ça sent l’onanisme à plein nez mais qu’est-ce que c’est bien foutu. Qui aurait soupçonné qu’un instrument à quatre cordes aurait pu enfanter de telles cascades ? En effet, l’art consiste chez ces virtuoses à faire sonner leur instrument comme tout… sauf une basse.

- Ben merde alors, elle peut faire ça aussi ma basse ?

- En théorie, mon petit. En théorie.

Evidemment, le petit musicien amateur qui s’écorche l’épiderme pour aligner trois notes correctes risque de revendre la belle et de se contenter de Guitar Hero en prenant la mesure du gouffre intersidéral qui le sépare des maîtres absolus. Courage les gars : Marcus Miller a mis cinq ans pour apprivoiser la technique de Jaco Pastorius et Stanley Clarke. Résultat : à 21 ans, c’était déjà le petit protégé de Miles Davis.

Qu’avons-nous fait de toutes ces années, mes enfants ? Mais qu’avons-nous fait ?

A regarder : SMV joue Thunder au Casino de Paris:



A regarder: Jaco Pastorius avec Weather Report au Festival de Montreux en 1976



Les liens

www.smvmusic.com

www.marcusmiller.com

www.stanleyclarke.com

www.victorwooten.com

www.jacopastorius.com

Le numéro d'octobre de Jazz Magazine consacrait son dossier au trio SMV et proposait une liste très intéressante des 20 meilleurs albums de basse jazz de tous les temps.